Tout l'or du Monde
Bruxelles, Parc Maximilien, tard, encore quelques migrants, ces voyageurs au long cours attendent encore, l'espoir de passer une nuit au chaud accroché au ventre...
L'un d'entre eux, appelons-le "Joseph", semble totalement perdu. Il est érythréen. Il était déjà été accueilli pour la nuit mais le voici de retour. Il ne parle ni français, ni anglais, ni arabe.  Juste sa langue.
Joseph, sourit, gêné. C'est une façade. Il semble particulièrement inquiet, stressé. Nous comprenons qu'il veut être de retour avant 7h au parc pour un rendez-vous à l'office des étrangers. Son hébergeur était pourtant prêt à se lever et à l'amener au tram à 6h15. Rien n'y a fait. Joseph ne se départi pas de son sourire mais reste planté là à attendre on ne sait quel miracle.  L'incompréhension reste totale.
Il y a d'autres voyageurs qui attendent, eux aussi, une solution. Pendant que l'équipe de bénévole retourne s'occuper d'eux, je tente d'échanger avec Joseph quelques idées à coup de dessins. Même comme ça, impossible de se comprendre. J'arrive quand même à lui expliquer que j'habite à 20' à pied ou 5' en voiture et que je peux le ramener le lendemain à 7h.
Il accepte mon invitation.
Joseph monte en voiture. Il ne comprend pas ce qu'est la ceinture de sécurité. Ce qui veut donc dire que, non seulement, il n'a jamais utilisé de ceinture (de voiture ?) en Erythrée mais jamais non plus sur la longue route qu'il a suivie jusqu'ici. Et il est en Belgique depuis un mois, déjà. Voilà qui, l'air de rien, en dit beaucoup sur ce qu'a pu être sa vie depuis qu'il a quitté sa famille.
Arrivé à la maison, Joseph s'écroule de sommeil. Il me répète quelque fois le chiffre 7 dans un vague allemand avant que je ne le laisse se plonger dans un sommeil chaleureux.
Persuadé, comme les bénévoles du parc, que Joseph tient  à arriver avant 7h, je règle mon réveil sur 5:40. 
Sonnerie. 5:40. Je m'extirpe de mes draps. Enfile mes vêtements et réveille mon invité.
Etonnamment, il ne semble pas vouloir se lever. Aurions-nous mal compris ? Repos forcé. Pour une 40aine de minutes. Au final, ce n'est pas pour me déplaire.
6:40, rebelotte. 
Cette fois, Joseph ne traine plus. Il est rapidement debout. Pourtant, il ne semble pas pressé de se mettre en route. Puis il me répète à nouveau... 
dsiivèn... 7
Mais cette fois-ci il me montre son téléphone portable et ponctue par un laconique "allo family"...
Non, ce n'était pas 7h à l'office (le rendez-vous existe bel et bien mais à 8h !).
Voilà Joseph, mon téléphone vissé à l'oreille, à l'envers d'abord...  Là aussi, il n'a pas souvent dû appeler...  Puis à l'endroit. Et enfin, une voix, à l'autre bout. Sa femme, puis ses enfants. 
Et quel sourire. Plus rien à voir avec celui qu'il affichait jusque là. Un vrai sourire, sans gêne, sans mélancolie. Juste le bonheur d'entendre les siens. Et moi de voir ses yeux pétiller de vie...
Tout ça pour ça ? Oh oui, mais quel "ça" ! "Ca" vaut tout l'or du monde et meme plus !
Dérapages policiers
Publications ce 19 novembre dans les médias autour d'une intervention disproportionnée de la police
Exposition passée, à Mons du 4 au 10/11 2017

Octobre 2017, je suis convoqué pour un interrogatoire dans mon commissariat de quartier pour des photos prises le 21 juillet 2017 alors que je photographiai une collectif de sans papiers.  J'en ressortirai avec la confirmation, noir sur blanc, par le service juridique de la police, qu'il n'y a aucune infraction lorsque l'on photographie (et publie des photos) des agents de police en service dans des lieux publics. 

Cette "aventure" apparemment anodine est un signal inquiétant et je vous conseil vivement la lecture de la chronique de Vincent Engel dans le journal Le Soir.
C'est ici
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